Les choses s'accélèrent. Le Monde publie les résultats d'une étude allemande.
"Le pic pétrolier, le moment où la moitié des réserves de brut de la planète ont été épuisées, aurait été atteint en 2006. L'extraction de l'or noir serait désormais sur une pente déclinante de
3 % par an, et les compagnies n'extrairont plus que 39 millions de barils par jour en 2030 (contre 81 millions aujourd'hui). Telle est la principale conclusion, alarmiste, des experts d'Energy
Watch Group (EWG) - créé par le député Vert allemand Hans-Josef Fell - dans un rapport publié à Londres lundi 22 octobre".
"Pour les scientifiques d'EWG, les réserves prouvées (exploitables et rentables aux coûts actuels) ne sont pas, contrairement aux estimations officielles, de 1 200 milliards de barils mais de
854 milliards. La différence est imputable aux cinq grands producteurs du Moyen-Orient : Arabie saoudite, Iran, Irak, Koweït et Emirats arabes unis. Ils ne posséderaient pas 630 à 710 milliards de
barils, comme l'affirment les plus optimistes, mais seulement 340 milliards".
Mais, termine l'article du Monde: "Le scénario noir d'EWG sous-estime les progrès dans les techniques d'exploration et de production, qui accroissent le taux de récupération du brut. Il
minimise aussi le potentiel des pétroles dits "non conventionnels" (sables bitumineux, huiles lourdes...) rentables avec un baril à 90 dollars, même si leur extraction se fait à des coûts
énergétiques et environnementaux élevés".
C'est terminé. Il y a de réelles avancées mais, grosso-modo, les contribuables et les consommateurs supporteront presque toutes les contraintes et les coûts,
les profesionnels continuant, le plus souvent, à polluer tranquillement.
- Principe de "taxe carbone" sur les émissions de gaz à effet de serre nécessaires à la fabrication et au transport des produits manufacturés. Retse à en voir les modalités concrètes.
- Durcissement des normes du bâti neuf et prêts bonifiés pour la mise au normes de l'ancien.
- Gel des OGM "pesticides", objectifs d'une diminution de 50% des pesticides agricoles, mais sans date butoir.
- Une autre bonne nouvelle: gel "significatif" des capacités routières et aéroportuaires, sauf pour des raisons de sécurité ou de congestion. Le "sauf" sera à suivre avec
attention.
- Pas de nouvelles centrales nucléaires.
- Ecopastille pour les automobiles, taxant les plus polluantes et permettant un rabais pour les vertueuses.
- "Vaste" plan de fer et mer-routages et surtaxe des trajets aériens en concurrence avec le TGV. Tout cela reste à préciser...
- Taxe sur les camions, mais (???) pas sur les autoroutes. Or c'est ainsi qu'on rendra le fer et le mer-routages concurrentiels.
- Un objectif de 1 500 km de tramway (hors Ile de France), contre 329 actuellement. Un coût de 17 milliards d'€ dans lequel l'état s'engagera à hauteur de 4 Milliards. Bonjour les impôts
locaux..!
Le pétrole rare est le plus souvent annoncé à l'horizon 2040, conjonction de la demande croissante d'énergie du fait des pays émergents et de l'épuisement
des réserves de pétrole. Le pétrole cher, lui est annoncé dès les prochaines années.
Le Monde fait état d'un rapport du service R&D d'EDF annonçant la baisse de l'extraction pétrolifère
aux alentours des années 2020. L'étude envisage les diverses solutions pour compenser cet épuisement: "L'hydraulique serait multiplié par deux, les autres énergies renouvelables par vingt-cinq,
le nucléaire et le charbon par cinq". Malgré cela, le rapport conclut "c'est avant 2040 que la demande énergétique mondiale ne peut plus être satisfaite avec les technologies
aujourd'hui opérationnelles".
Faute d'économies dratiques dans les consommations d'énergies, ils prévoient le retour à une utilisation massive de charbon, avec les effets que l'on peut imaginer sur l'effet de
serre.
L'étude envisage les diverses solutions pour compenser cet épuisement et termine sur ce constat: "A trouver...".
Etude sérieuse ? Manoeuvre pour accélérer les nouvelle générations de centrales atomiques ? Personnellement, je ne sais qu'en penser. En tous les cas, une politique rigoureuse
d'économies d'énergie me semble indispensable, et ce à tous les niveaux, des états aux collectivités locales, des entreprises aux particuliers.
Une très intéressante intervew du philosophe Dominique Bourg dans Le Monde.
"Une pure et simple décroissance me paraît idiot, car d'abord tout n'a pas vocation à décroître et, d'autre part, une décroissance généralisée signifie une déprime généralisée avec des
problèmes sociaux infinis. Prétendre que le progrès technologique peut nous sauver est tout autant une ânerie".
Une société durable ? "Il est très difficile de dire ce qu'est une société durable. Il n'en existe nulle part. Mais on sait très bien qu'il faut aller vers le découplage entre la création
de richesses et ce qui a toujours sous-tendu cet enrichissement, à savoir des flux croissants de matières et d'énergie. Cette équation n'est plus tenable sur le plan énergétique, à cause du
réchauffement climatique. Et, on le sait moins, parce que ce qui se passe sur le climat n'est qu'un cas parmi l'explosion à partir de 1950 de tous les flux de matières exprimant l'impact des
activités humaines sur la biosphère. L'échelle a complètement changé, qu'il s'agisse des conséquences en termes de déforestation, de désertification, de diminution des ressources
halieutiques..."
La biodiversité ? "On a trop tendance à penser qu'il s'agit seulement de conserver un musée vivant des espèces aujourd'hui présentes sur la planète. Ce n'est pas du tout le problème. La
biodiversité est la base des services vitaux que les écosystèmes nous rendent. En dépendent le niveau et la qualité des récoltes, l'ampleur du cheptel, la quantité de bois pour le chauffage, la
qualité de l'air, de l'eau..."
Une croissance durable ? "Il faut repenser nos façons de produire en ayant pour objectif le découplage. C'est ainsi que nous pouvons progresser vers une dématérialisation de nos économies,
enrayer les flux de matières sans compromettre la réduction de la pauvreté et sans affaiblir nos facultés d'adaptation inséparables de l'innovation technologique".
Production ? "...il s'agit de substituer à la vente d'un bien la vente de la fonction d'usage. C'est ce qu'on désigne par économie de fonctionnalité. En effet, tant que le chiffre d'affaires
est corrélé à la vente d'un bien, il n'y a aucune incitation pour l'entrepreneur à réduire sa production physique. En revanche, s'il vend la fonction, son intérêt est que le support dure le plus
longtemps possible, en y intégrant régulièrement des innovations technologiques".
Toute l'interview est aussi stimulante que ces quelques extraits.
Le Grand Grenelle risque fort d'accoucher d'une petite souris. En dehors de mesures qui ne coûtent rien comme l'isolation obligatoire pour les bâtiments neufs, éventuellement une meilleure
structration de la filière de production "bio", il semble bien qu'il ne faille pas attendre grand chose.
Eventuellement il semble envisagé un étiquetage "carbone" sur les produits afin "d'éclairer les consommateurs".
- Pas de moratoire sur la construction d'autoroutes et maintien de la vitesse maximale à 130 km/h.
- Pas d'écotaxe sur les voitures de grosse cylindrée.
- Pas de taxe carbone sur les produits de consommation.
Ferroutage: rien de prévu; transports collectifs, l'état se désengage tous les jours davantage; nucléaire: intouchable; ....
En fait, aucune taxation verte, pas d'accélération pour les transports en commun, poursuite du tout-automobile et du tout-camion....
Mais on n'entend plus l'homme d'Ushuaia...
Sur un tout autre sujet, malgré très peud e commentaires, Nice Durable bénéficie depuis sa rentrée d'une moyenne de 40 visiteurs quotidiens différents avec, toujours en moyenne, près de 150 pages
vues chaque jour. Merci à tous ces lecteurs.
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